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INFORMER, SANTE BIEN-ÊTRE

PÉNURIE DE MÉDICAMENTS

Pas d’amélioration en vue.

La concentration de la fabrication de médicaments sur quelques sites pose un problème de santé publique. Le moindre incident sur une chaîne de production peut tarir l’approvisionnement.

12 fois plus qu’il y a 10 ans

Les ruptures de stock de médicaments ne datent pas d’hier. Mais l’ampleur est inédite : 44 en 2008, contre 538 en 2017. « C’est un véritable problème de santé publique », s’inquiète Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens. Les hôpitaux ne sont pas épargnés. « Nous avons plusieurs dizaines de produits en rupture de stock permanente », déplore le Pr Alain Astier, pharmacien à l’hôpital Henri-Mondor. Les trois classes le plus souvent manquantes sont pourtant indispensables de l’arsenal thérapeutique : anticancéreux, médicaments du système nerveux et antibiotiques y compris pédiatriques. Ils répondent à des protocoles précis, et leur trouver une alternative est une gymnastique quotidienne. L’agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) guide de son mieux médecins et pharmaciens. « D’autant que nous sommes rarement informés de la durée réelle d’une pénurie », souligne le Pr Astier.

Une crise mondiale

Pour freiner le phénomène, la loi contraint, depuis février 2017, les laboratoires à élaborer un plan de gestion des pénuries pour chaque médicament sensible – soit 40% de la pharmacopée. Les industriels ont le choix entre constituer des stocks, prévoir le report de la production sur une autre usine ou identifier les molécules de remplacement. Le hic : rien n’est strictement obligatoire, le dispositif a donc un impact limité.

Les établissements hospitaliers annoncent pourtant très en amont leurs besoins en médicaments, pour trois ans. Pourquoi les fabricants ne sont-ils pas capables d’anticiper ? « C’est une question purement financière, résume le Dr Jean-Paul Vernant, hématologue à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Les laboratoires travaillent à flux tendu, car le stockage coûte cher.

Les pénuries sont aussi liées au prix des médicaments. « A l’évidence, elles touchent avant tout les vieux médicaments, tombés dans le domaine public, et qui ne rapportent plus assez d’argent aux industriels », constatent le Dr Vernant et le Pr Astier. Ces produits sont pourtant d’une efficacité éprouvée, en particulier contre le cancer et les infections.

A contrario, les médicaments extrêmement chers comme les nouveaux antiviraux contre l’hépatite C ou les derniers anticancéreux (pour ceux-là, le bénéfice thérapeutique reste à établir) ne manquent jamais.

Peser sur les stratégies de l’industrie semble tellement hors de portée que l’hypothèse d’un programme public de production des médicaments essentiels, sur le territoire français, ne révèle plus de l’utopie. « La pharmacie centrale des hôpitaux de Paris et la pharmacie centrale des armées, située à Orléans, sont tout à fait en capacité de fabriquer », assure le Pr Astier.

4 médicaments en rupture d’approvisionnement

BCG : vaccin contre la tuberculose

TRANDAT : médicament utilisé à l’hôpital pour les urgences hypertensives, notamment chez la femme enceinte, qui engage le pronostic vital.

AUGMENTIN : antibiotique utilisé dans les infections ORL sévères et les pneumonies

SINEMET : en rupture depuis août 2018 est un anti-parkinsonien

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19 juin 2019